Centrale au gaz : l’industriel choisira le site

6 avril 2011

Elle devrait voir le jour dans la région brestoise. Le processus d’appel d’offres va débuter. Ni l’État, ni la Région, ne décideront du lieu. Les opposants ne désarment pas.

Une centrale électrique au gaz est prévue d’ici 2015 dans la « région de Brest ». Le processus d’appel d’offres va commencer, « conformément au calendrier donné ». C’est ce qu’ont indiqué Michel Cadot, préfet de Bretagne, et Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional, hier, à la sous-préfecture de Brest. « Dans les prochains jours », sur le site internet du ministère de l’Environnement, les industriels intéressés pourront déposer leurs remarques et commentaires sur le projet. « Une consultation destinée améliorer le cahier des charges, dans la plus grande transparence », précise Michel Cadot.

Choix de l’industriel en fin d’année

Fin mai, l’appel d’offres sera lancé. L’entreprise lauréate sera connue « fin novembre-début décembre ». La procédure de consultations et enquête publique commencerait « courant 2012 ».

Surtout, « le site sera choisi par l’opérateur ». C’est l’inverse des dispositifs habituels, avec l’État ou les collectivités qui décident. « Le porteur de projet définira les conditions nécessaires pour son projet », explique Pascal Mailhos, préfet du Finistère.

Ce dispositif original devrait soulager les institutions dans le problématique choix du site. Il y a deux ans, à Ploufragan (Côtes-d’Armor), un projet de centrale avait été abandonné suite à une forte mobilisation. Aujourd’hui, le site pressenti – mais jamais désigné officiellement – est à Lanvian, sur Guipavas et Saint-Divy. Déjà, les opposants y sont actifs. Gaspare réunit les associations UDB, AE2D, Génération écologie-Les Vertes, le NPA, Abers nature, Modem Finistère, etc. Hier, une douzaine d’opposants aux centrales au gaz, « que ce soit à Guipavas ou ailleurs », ont manifesté devant les grilles. Mais deux ont assisté à la conférence de presse. Le collectif dénonce le « manque de transparence ». Il craint les rejets de carbone. Il préférerait une « baisse de la consommation d’électricité » grâce à de nouveaux comportements. Et « il serait plus efficace de se chauffer directement au gaz ».

Armelle Huruguen, vice-présidente à l’énergie au conseil général, estime que les populations « ont le droit de connaître l’évolution du dossier ». La zone brestoise a été choisie car elle est « la plus fragile en terme de sécurité électrique », explique le préfet de région. En raison de contraintes techniques, la centrale devra être réalisée à proximité de postes électriques de raccordement existants : Loscoat, La Martyre, et Brennilis.

Jean-Yves Le Drian rappelle que cette centrale s’inscrit dans le Pacte électrique breton « voté par 72 conseillers régionaux sur 83 », et signé avec l’État. Il comprend des mesures de réduction de consommation et le développement des énergies renouvelables. La Bretagne ne produit que 8,5 % de son électricité. La centrale permettrait de faire face aux pics de consommation.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/

Vendredi 8, à 20h30, à La Forest-landerneau, réunion organisée par l’association « Non à la centrale de la Forest-Landerneau » et le collectif Gaspare.
Laurence GUILMO.

Source : Ouest-France  -  06 avril 2011

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