Droit de réponse de GASPARE à Mr LE PANN, Maire de Briec-de-l’Odet

7 décembre 2011

Droit de réponse de GASPARE à Mr LE PANN, Maire de Briec-de-l’Odet, suite à son communiqué en date du 30 novembre 2011 (ci-dessous) et aux articles parus dans Le Télégramme et Ouest-France du 3 décembre 2011.

GASPARE s’étonne du ton employé par Mr Le Pann et tient à apporter les éléments de réponse suivants :

- Le choix des mots « irrationnel, imprécation, anathème », qui ne repose sur aucun élément de démonstration (n’est-ce pas cela l’anathème ?), entre dans une stratégie de communication très claire : essayer de discréditer le collectif GASPARE et l’association « Briec doit dire non à la centrale » et, au-delà, toutes celles et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec Mr Le Pann.

Nous ne tomberons pas dans le panneau de la provocation. Nous voyons dans le ton choisi par Mr Le Pann la conséquence de la réussite de la réunion publique du 25 novembre dernier où un grand nombre de ses administré-e-s se sont déplacé-e-s, dans une salle qui était hélas trop petite pour tous les accueillir, à la recherche d’une information que leurs élu-e-s ne leur apportaient pas. A l’évidence, Mr Le Pann ne s’y attendait pas.

- Mr Le Pann ne manque pas de toupet quand il reproche à GASPARE de ne pas avoir assuré ce qu’il appelle les conditions d’un débat contradictoire. L’association « Briec doit dire non à la centrale » a organisé une réunion publique le 25 novembre dernier, et non un débat, et pour cela a invité le collectif GASPARE. Mr Le Pann sait très bien que GASPARE a toujours convié les élus locaux, lui-même compris, aux nombreuses réunions publiques qu’il a organisées depuis un an, dont celle du 25 novembre. Il sait aussi pertinemment que l’entreprise ENEL a pu s’y exprimer en plein accord avec les organisateurs.

- En revanche, force est de constater que Mr Le Pann n’a pas souhaité convier le collectif GASPARE et l’association « Briec doit dire non à la centrale » au soi-disant “débat public” qu’il organise, aux frais de la collectivité, le 19 décembre prochain. Pour qu’un débat puisse s’instaurer, il faut qu’il se déroule en présence de personnes ayant des avis ou opinions divergentes sur le sujet considéré. Or, à notre connaissance seul le porteur de projet, le groupe Enel, est convié ! Alors, où est l’information, où est le débat et où est la propagande ?

- Mr  Le Pann ne manque pas de toupet non plus quand il prétend donner des leçons de débat public alors qu’il a fait lui-même le choix de ne pas organiser localement un débat avec la population avant de faire voter la communauté de communes sur le principe de location d’un terrain à l’entreprise ENEL. Est-ce cela sa conception du débat public ?

- Enfin, il ne faut pas confondre « confidentialité » et transparence ! Ce projet regarde l’opinion publique, qui a le droit à une information pleine et entière de la part de ses élus si ces derniers veulent être dignes de confiance ! Y aurait-il d’autres informations secrètes, cachées ?

 

GASPARE tient par ailleurs à répondre point par point aux différents éléments évoqués dans les communiqués de Mr Le Pann :

- « La communauté de communes du Pays Glazik est compétente en matière de développement économique et a comme souci la création d’emplois » peut-on lire. Les travaux d’isolation des bâtiments, de rénovation énergétique, le développement des énergies renouvelables sont nettement plus féconds matière d’emplois locaux et pérennes tant la tâche est immense ! Quant aux compétences sur les questions des émissions de gaz à effet de serre, de la pollution de l’air, du puisage de la ressource en eau, dont les impacts dépassent largement les frontières du Pays Glazik, qui les assumera ?

- Mr Le Pann affirme que la production électrique bretonne ne sera pas « suffisante avant de longues années » : sur quelles données s’appuie-t-il s’agissant d’un projet à l’horizon 2018 ? Quant aux centrales fuel qu’il semble évoquer, elles viennent de subir d’importants travaux de rénovation : vont-elles donc fermer prochainement ?

- S’agissant de la réponse aux demandes de pointe en hiver, Il semble qu’il n’entende que le discours des opérateurs et des promoteurs de ce projet ! En effet, une transition du chauffage électrique vers d’autres modes de chauffage, une meilleure isolation du bâti sont de bien meilleures alternatives. Celles-ci permettront aussi de lutter plus efficacement contre la précarité énergétique croissante. Cette centrale est la bonne solution pour des opérateurs privés avides de profits, mais pas pour l’intérêt général !

- Concernant la « production d’appoint » évoqué par Mr Le Pann, il faut rappeler que cette centrale est prévue pour fonctionner plus de la moitié de l’année ! En outre, les prévisions d’augmentation du prix de gros du gaz (+ 30 à 40 %) d’ici deux ans, laissent présager un renchérissement du coût des énergies, augmentations qui pèseront inévitablement sur le budget des familles et des entreprises finistériennes.

- Enfin, il évoque le risque de rupture d’approvisionnement. Que penser alors de l’abandon progressif, par ses gestionnaires, de la maintenance préventive du réseau de distribution électrique ? Les investissements en travaux et en entretien de ce réseau ont très fortement et notoirement chuté ces dernières décennies. Alors, au lieu de vouloir faire circuler toujours plus d’électricité dans ce réseau délaissé, efforçons-nous d’abord d’en assurer le bon état et la maintenance préventive : voilà un vrai gage de sécurité d’approvisionnement !

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Le 30 novembre 2011 : Communiqué de presse de Monsieur Jean Paul Le Pann, maire de Briec et président de la Communauté de Communes du Pays Glazik

Précisions sur la décision des élus communaux et communautaires d’accueillir favorablement la demande d’implantation de la société ENEL à Briec.

La Communauté de Communes du Pays Glazik est compétente en matière de développement économique. C’est une compétence qu’elle exerce avec une extrême rigueur car le sujet, bien sur, est complexe.

Sa préoccupation première est le maintien et la création d’emplois sur le territoire. Elle l’a prouvé, par exemple, avec le pôle d’excellence rurale qui a permis la création de plus 40 emplois sans pour autant engendrer de retombée fiscale directe.

Une synergie doit être trouvée entre les entreprises et les collectivités locales. L’accueil des entreprises est vital pour les territoires, ceux sont elles qui créent des emplois. De plus, sans leurs contributions les services publics locaux ainsi que  les équipements publics se dégraderaient.

Il s’agit d’un projet industriel. A ce titre, comme pour tout projet de cette nature, le porteur de projet est en droit de demander une certaine confidentialité au stade de l’instruction, surtout lorsque le projet est en concurrence avec d’autres. Le projet présenté par la compagnie ENEL est dans ce cas de figure puisqu’il s’agit ici d’une réponse à un appel à projet de l’État.

La nécessité de la construction d’une centrale Gaz dans le Finistère a été actée par le Conseil Régional de Bretagne ainsi que l’État dans le cadre du Pacte Électrique Breton, de même, que la forte nécessité de maitriser la demande en énergie et développer la production d’énergies renouvelables.

Dominique Ramard, Conseiller régional délégué est venu en exposer la teneur devant les élus communautaires en séance publique.

La Bretagne ne disposera pas de production électrique suffisante avant de longues années et les centrales fuel arriveront prochainement en fin de vie.

La production des énergies renouvelables est intermittente et ne se stocke pas. En effet, personne, en Bretagne ou ailleurs, n’est encore capable de stocker des quantités importantes d’électricités à des coûts supportables.

Seule la production électrique fournie par des énergies fossiles est capable de répondre aux demandes de pointe en particulier pendant les périodes hivernales.

Sans la production d’appoint d’une centrale gaz dans le Finistère nous ferions courir un grand risque de rupture d’approvisionnement aux entreprises finistèriennes et ferions donc peser une menace supplémentaire sur la pérennité des emplois en pointe Bretonne.

Sur la question relative à l’organisation d’un débat public :

Je rappelle qu’un débat a déjà eu lieu devant les conseils municipaux et communautaires (4 heures de débat en tout) et que ces séances sont publiques.

Par ailleurs, les comptes rendus de presse des réunions organisées ici ou là par le collectif Gasparre ainsi que ceux rapportés par mes amis et collègues qui y ont assistés sont assez surprenants. Nous sommes  dans l’irrationnel, l’imprécation et  l’anathème. Nous nous éloignons de ce qu’un débat doit être, serein avec des temps de paroles équitables, et l’expression des opinions, permettant à chacun d’établir son avis sur le sujet exposé.

C’est dans ce contexte que je vous propose de participer à un grand débat public sur le projet de Centrale Gaz à Briec, en présence du porteur du projet, le 19 décembre 2011 à partir de 20 h à l’Arthémuse à Briec.

Rappel du calendrier de la démarche

La réponse à l’appel d’offre et le dépôt définitif des dossiers doit intervenir au plus tard le 28 décembre prochain.

Si le projet ENEL est retenu par l’État, fin février début mars 2012, une étude d’impacts sera réalisée et une enquête publique avec la nomination d’un commissaire enquêteur aura lieu. Ce dernier recensera et étudiera l’ensemble des observations émises par tout un chacun lors de ses permanences.

Dans l’attente, des permanences d’informations seront tenues chaque semaine par les élus à la mairie.

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