Centrale au gaz : l’État confirme, les élus attendent – Brest

19 mars 2011

Elle s’installera « aux environs de Brest ». En attendant l’appel d’offres au printemps, les informations se font rares. L’opposition s’organise.

Pourquoi ? Comment ?

Qui décide ?

C’est l’État, responsable de l’approvisionnement électrique du territoire. Il lancera un appel à projets « au printemps » pour une centrale de 450 MW opérationnelle dès 2015. Le conseil régional a voté le Pacte électrique breton. Il comprend l’acceptation de cette centrale, mais aussi des mesures de réduction de consommation et le développement des énergies renouvelables.

Pourquoi une centrale en Bretagne ?

Le spectre du « black-out » ou panne générale d’électricité est brandi chaque hiver par le Réseau de transport d’électricité (RTE). C’est déjà arrivé aux États-Unis ou en Allemagne et en Belgique en 2006. La Bretagne est montrée du doigt pour son déficit électrique par grand froid, le matin et le soir, quand la demande est la plus forte. La région ne produit que 8 % de son électricité, essentiellement depuis le barrage de la Rance. Elle est approvisionnée par les centrales nucléaires de Chinon (Indre-et-Loire), Flamanville (Manche) et par la centrale thermique de Cordemais (Loire-Atlantique).

Pour quelle production ?

La future centrale remplacera les anciennes au fioul de Dirinon (170 MW) et Brennilis (295 MW), qui ne tournent que 200 heures par an, lors des pics de consommation. Toutefois, elle fonctionnera bien plus régulièrement. D’abord pour une question de rentabilité. Aucun industriel n’investirait pour si peu de production. Leur seuil de rentabilité se situe aux alentours de 5 000 heures par an (trois jours sur cinq). Dominique Ramard, conseiller régional en charge de l’énergie, y voit aussi une volonté « de trouver une forme d’autonomie et de rassurer les entreprises ». Cette centrale produirait 10 % des besoins bretons, contre 34 % en énergies renouvelables (surtout de l’éolien) et 56 % d’approvisionnement extérieur (nucléaire et thermique).

Pourquoi à Guipavas ?

Du « nord-ouest de la Bretagne », le projet s’est resserré sur les « environs de Brest », selon les mots prononcés lundi par Éric Besson, ministre de l’énergie. Guipavas n’est jamais cité, mais c’est le seul lieu identifié. Ses atouts : loin des habitations et proche du pipeline de gaz naturel en provenance de Donges (Loire-Atlantique) qui alimente Brest et les serristes. Ses inconvénients : loin des grosses prises d’eau (refroidissement) et assez proche du premier aéroport breton (900 000 passagers par an).

Le Syndicat mixte Brest Iroise (Bretagne, Finistère, BMO, CCI) dispose, à Lanvian, d’une réserve foncière de 200 hectares, à cheval sur Guipavas et Saint-Divy. Cet espace devait accueillir une raffinerie dans les années 1960.

Toutefois, l’appel d’offres lancé par l’État ne devrait pas stipuler de lieu d’implantation, laissant la possibilité aux industriels d’en choisir un autre.

Qu’en pensent les élus ?

François Cuillandre, président de Brest métropole océane : « Si le projet fait bien partie d’un tout, notamment avec le développement des énergies marines à Brest, les élus finistériens ne marqueront pas d’hostilité de principe à cette centrale. »

Alain Queffélec, maire de Guipavas : « Le plan énergétique breton a du sens. Mais il est temps que l’État vienne présenter son projet. Je ne trouve des informations que dans la presse. »

Jean-Jacques Cozian, maire de Saint-Divy : « Nous manquons d’information. Ce silence est suspect. Les risques sont trop importants en matière de pollution de l’air. Un tel projet ne sera pas bon pour la commune. »

Jean-Yves Le Drian, président du conseil régional, a rappelé que « le pacte est soutenu par 72 conseillers régionaux sur 83 ». Il y trouve « une certaine légitimité ».

Selon Antoine Corolleur, maire de Plourin, président du Syndicat départemental d’énergie et d’équipement du Finistère, (275 communes), « le Sdef soutient le projet de Guipavas ».

Qui sont les opposants ?

À la Région, les groupes UDB et Europe Écologie – Les Verts ont voté contre le pacte électrique breton le 6 janvier. Le collectif Gaspare (Garantir l’avenir solidaire par l’autonomie régionale énergétique) réunit les associations Saint-Divy doit dire non à la centrale, AE2D, le réseau Cohérence des associations bretonnes de protection de l’environnement, SOS, Abers Nature, Modem Finistère, UDB, Europe Ecologie, le NPA, le Mouvement rouge et vert du pays de Landerneau…

Vendredi, 400 personnes ont assisté à une première réunion à Saint-Divy. Dimanche, ils étaient 200 à marcher vers le site de Lanvian pour manifester leur mécontentement.

Sébastien PANOU.

Source: OUEST FRANCE – 19 JANVIER 2011

Tags: ,

Comments are closed.

Recherche

Liens